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Pourquoi je parles de cul à table, et pourquoi je vais continuer

Pourquoi je parles de cul à table, et pourquoi je vais continuer

Quand je rencontre de nouvelles personnes, je dois régulièrement passer par le moment où j’explique pourquoi j’ai choisis de mettre le sexe au coeur de mon travail. C’est prévisible, quand on a choisis de réaliser 52 autoportraits érotiques en une année… deux fois. Quand on ajoute à tout ça l’effeuillage burlesque et ma participation aux Eroteek Faeries, ça fini en effet par faire un peu beaucoup.

Alors quoi ? Pourquoi ce sujet déclenche-t-il chez moi toujours une réaction plus profonde que les autres ? Je n’arrive pas à mettre le doigt sur un début mais je me rappelle avoir été très tôt à l’affût de tous les contenues érotiques sur lesquels je pouvais mettre la main. Une scène de sexe dans un roman, les conseils sexos d’un mag féminin, les cours de bio sur le sujet, dans le meilleur des cas une vidéo ou un magazine pornographique, et bien sur pleins d’images de papier glacé, de pin-up et de pubs pour du parfum ou de la lingerie.
J’ai collectionné quand je le pouvais ces images qui me laissaient rêveuse.

Cette curiosité a petit à petit fait de moi une petite référence sur le sujet. Au collège, j’étais la plus informée de mon cercle d’amies, qui venaient me voir pour les questions qu’elles étaient trop gênées pour poser à quelqu’un d’autre. J’ai fais de mon mieux avec mes maigres moyens. J’en ai tiré la certitude que sans information, on était aussi sans défense. Je ne l’avais pas encore formulé comme ça, mais l’information était déjà une forme de pouvoir, et je comptais exercer mon pouvoir sur mon corps.

Parce que ça m’a fait peur, disons-le, de voir à quel point mes camarades de classe étaient démunies face à la question. Prêtes à se laisser imposer aveuglément un mode de contraception ou une pratique sexuelle par tout tiers qui décidait d’exercer leur autorité sur elle. Parent, médecin ou petit ami.

Sérieusement, combien de jeunes filles n’ont pas leur mot à dire dans le choix de leur contraception, alors qu’elles sont les premières concernées ?

Et plus tard, alors qu’on parlait de plaisir, le même manque d’information et de communication faisait d’autre genre de ravages. C’est là que ma parole s’est décomplexée. Je ne répondais plus à voix basse cachée dans un coin aux questions qui m’étaient posé mais à voix haute, provocante, fière d’affirmer que ma satisfaction est mon droit le plus strict et qu’en terme de sexe, le premier ennemi de l’épanouissement, c’est la méconnaissance de soi, et celle de l’autre.

Je parle parce que je veux répandre quelque chose de positif autours de moi et que je pense qu’en la matière, la chose la plus simple et la plus directement utile que je puisse faire, c’est prendre le temps d’échanger, de questionner, de sensibiliser. Au consentement, à la communication, à la tolérance et au plaisir. J’ai arrêté d’avoir honte, le jour où je me suis sentie en croisade pour un monde où prendre son pied serait une chose simple, et certainement pas honteuse. Un monde ou « enculé » ne serait pas une insulte, aussi.

Dans cette optique, un truc tout simple à faire c’est de montrer l’exemple. Je vais donc continuer à joyeusement parler de cul à table, et je vous invite à rejoindre le mouvement. Mais du coup attention, il y a l’art et la manière. Nous allons tous éviter de nous changer en cet oncle gênant qui raconte très fort des histoires dégueulasses pour choquer la compagnie quand il a un coup dans le nez. Si vous prenez la parole, assurez vous que ce ne soit pas pour provoquer, et pas non plus avec des blagues glauques qui répandent des préjugés sexistes. De même, je ne passe pas non plus ma vie à raconter mes exploits à la cantonade ou à faire la liste de mes amants. C’est mieux.

Si par contre vous avez une info qui mérite d’être partagée, je vous en supplie, partagez la !

L’article inutile où je te donne des nouvelles #864

L’article inutile où je te donne des nouvelles #864

Putain ça fait des années que j’invente des titres pour ces articles un peu « hors série ». Une fois j’ai même envisagé de les faire au format Vlog (ok, plus d’une fois). Bref, ce que je cherchais depuis le début, c’était ça : l’article inutile où je te donne des nouvelles.

Une bonne chose de faite.

Donc, la dernière fois qu’on a parlé de choses vraiment perso, je quittais mon nid du 16ème arrondissement pour m’installer avec mon amoureux. Depuis, j’ai fait pas mal de trucs assez marquants, l’un des plus notables étant de quitter mon boulot.
Pour être franche avec vous, je n’en pouvais plus, la seule y idée d’y aller me donnait des nausées le matin. Quotidiennement, à Charles de gaule Étoile, je m’accrochait à mon petit déjeuner en passant du quai de la ligne 1 à celui de la 6.  Un jour j’ai rassemblé mon courage et annoncé que je partais. De là les choses ont été un peu longues, mais j’ai fini par passer la porte.

J’ai rapidement trouvé autre chose, même pas le temps de m’inscrire au chômage. C’est une chance que j’apprécie à sa juste valeur et dont je me réjouis.

Du coup en ce moment je suis en train d’apprendre à évoluer dans ce nouvel environnement, avec cette nouvelle équipe et je fais de mon mieux pour être rapidement intégrée et opérationnelle. Je me suis déjà fait quelques copains heureusement.

Niveau moral, le temps est plutôt à la déprime. En partie à cause de la pression qui va avec toute période d’essai, et pour pleins d’autres raisons aussi. J’ai cependant adopté des habitudes de vie positives, afin de faire face à tout ça de façon plus saine, et d’être plus en adéquation avec mes propres valeurs.

J’aime prendre du recul sur ce que je fais et pourquoi je le fais. L’anxieuse en moi y gagne un sentiment de contrôle, l’intello en moi y voit un puzzle à résoudre. J’ai souvent négligé mon corps. On a une relation un peu merdique. Mais quand je me suis mise à me demander comment je pourrais être plus sympa avec mon propre cerveau et comment en prendre soin, je me suis dit qu’à ce stade, je pouvais aussi bien arrêter de zapper ma crème hydratante le soir, et manger plus de légumes bios. Il a pas fallu longtemps avant que je me mette à courir, le soir.

Tous les soirs, je note trois choses positives qui me sont arrivées. Je cuisine des plats maison pour le bureau, je me suis mise à la méditation, et à plusieurs reprises déjà, j’ai été courir pour me détendre. Sur ce dernier point le succès est mitigé. J’ai adoré ça mais j’ai aussi ramené une tendinite à la maison. En attendant qu’elle passe, je me contente donc d’un petit programme de renforcement musculaire le matin. J’ai aussi vidé mes placards d’un bon paquet de choses dont je n’avais plus besoin. Je les ai données. Des reliques auquel je m’attache on se demande pourquoi, des robes qui ne seront jamais utiles, ce genre de choses.

Je me suis aussi fait plaisir en faisant faire mon deuxième tatouage. Voici une photo

So fucking proud !

Une photo publiée par MademoiselleCherie (@madmoisellecherie) le

Bref, dans l’essentiel je me sens bien. J’ai l’impression d’être dans un processus positif et d’avoir réglé ou d’être en train de régler pleins de mes problèmes.
J’espère revenir bientôt avec pleins de bonnes nouvelles.

En attendant je vous embrasse

Marie-Anne

La jolie flapper dress

La jolie flapper dress

J’ai passé beaucoup de temps dernièrement sur la réalisation d’une robe années 20 pour aller danser à 20 000 lieues sous Paris.
Le modèle n’est pas historiquement correct, je l’ai dessiné de tête, mais en faisant mes recherches j’ai eu la bonne surprise de voir qu’il correspondait d’assez près à un croquis de Jeanne Lanvin.

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Décolleté profond, croisé devant, jupe droite, brillance très glamour et deux longs rubans partant des épaules, donc.

J’ai commencé par réaliser un brouillon de la robe directement dans le tissu définitif (dont j’avais largement assez), puis j’ai coupé la doublure et assemblé le squelette de la robe sur le mannequin. J’ai ensuite brodé les franges à la main pour m’assurer que mes coutures soient absolument invisibles. A ce stade la robe était jolie mais beaucoup trop échancrée sur la poitrine, j’ai donc monté une grande pièce assortie à la doublure dans le dos et le décolleté pour préserver ma pudeur. Le modèle dessiné à l’origine aurait du être beaucoup plus couvrant, mais je lutte encore à patronner correctement la poitrine.

Premier assemblage "brut" pour voir comment s'agencent les pièces

Premier assemblage « brut » pour voir comment s’agencent les pièces

Coupe de la doublure

Coupe de la doublure

Assemblage de la silhouette

Assemblage de la silhouette

Premier test des franges

Premier test des franges

Tiens, cette chute de tissu ferait une chouette ceinture !

Tiens, cette chute de tissu ferait une chouette ceinture !

Enfin, j’ai ajouté une ceinture. J’ai abandonné mon idée des « manches » ruban car je voulais garder le restant du tissu comme accessoire de scène pour mon show Sirène, mais l’ensemble était déjà très chouette.

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Je suis très fière du résultat porté, les coutures au décolleté ne sont pas très nettes, et à la réflexion j’aurai du opter pour un buste plus long, mais l’ensemble reste convainquant.

J’ai trouvé dans une boutique de bijoux fantaisie une parure façon émeraudes assez art déco pur faire illusion, qui était franchement abordable, alors j’ai craqué et je l’ai prise. Pour tout dire, je l’ai vue avant de choisir les tissus pour la robe, et je suis revenue ensuite pour la prendre. Elle a probablement eu une bien plus grande influence sur la construction du projet que ce que je veux bien admettre.

Je la porterai probablement à nouveau si l’occasion se représente, ce qui est loin d’être le cas de toutes mes réalisations, la majorité restant pudiquement cachées dans le placard de la honte, sans que j’ai le courage de les jeter.

Pour le prochain projet, j’envisage de revenir à quelque chose de plus couvert, avec une incursion dans l’ère victorienne.

Mon premier fat admirer, et pourquoi je fais la gueule

Mon premier fat admirer, et pourquoi je fais la gueule

Si vous ne connaissez pas déjà la pinup plus size Hilda, il est temps de prendre des cours de rattrapage.

J’ai pris un peu de recul avant d’écrire ce post, néanmoins je voulais vous parler du premier fat admirer déclaré à avoir atteint ma boite mail.
Un fat admirer (littéralement admirateur de gras) est un homme avec un préférence marquée pour les femmes rondes, voire très rondes. Et je dis ronde mais le terme semble moins cru en français que chez nos amis d’outre atlantique où fat = gras.
Voilà, pas de douce litote si française dans la tournure. On va droit au but avec cette expression-là.

C’est une communauté dont l’existence m’est connue depuis un moment, certains membres évoluent en effet de façon assez logique à la lisière des courants de body acceptance. Il y avait cependant dès le départ quelque chose qui me gênais dans le concept, mais j’ai tout de suite mis cette gêne sur le compte de ma propre étroitesse d’esprit. Or j’essaye de respecter les préférences et  les fetish de tout le monde.

Et puis récemment un homme est venu très courtoisement me demander si mes images ne sont disponibles que sur mon site ou s’il est possible de se procurer des tirages. Pas de chance pour lui, il a été maladroit quasiment d’entrée de jeu.
Extrait : « Parce que je consulte souvent ta page et je commence à devenir carrément t fan de ce que tu fait, déjà parce que je suis un homme et que je ne peut résister à un charme tel que le tiens, que de deux il s’avère que je suis ce qu’on appel un F.A (je ne sais pas si tu connais ça ou pas) XD »

Comme d’habitude, j’ai essayé d’être pédagogue. Pour le bénéfice de ceux qui baillent dans le fond, ou qui viennent de nous rejoindre, voici ma réponse : La logique du « je suis un homme et que je ne peut résister à […] » est basée sur un prérequis que je ne valide pas, c’est qu’un homme ne peut pas se maitriser quand on en vient à ses instincts sexuels. Ce qui est à la foix faux, dégradant pour les hommes, et pas rassurant pour les femmes puisque l’effet pernicieux de telles affirmations, c’est d’entretenir un mythe qui dit que si un homme est lourd avec une nana, c’est sa faute à elle parce que lui peut pas s’empêcher. Ensuite, je ne kiffe pas des masses être ramenée à un critère physique, même si c’est un qui te plait.

Je crois qu’il est passé à côté de mon propos mais il s’est néanmoins excusé d’avoir été lourd, ce qui est déjà pas mal, et je lui en sais gré. Nous en sommes resté là.

Et puis non en fait. Loin de moi l’idée de me définir comme mince hein, ne déconnons pas. Cependant j’ai la faiblesse de croire que mon corps n’a rien de remarquable, à part peut être une poitrine plus forte que la moyenne. J’ai arrêté d’en vouloir à mon corps quand j’ai découvert que le 40 est la taille la plus vendue en France avec 20% du volume des ventes. Il se trouve que c’est ce que je prends pour mes jeans. Je me vois comme plutôt petite, ni grosse ni maigre, avec un visage assez quelconque quoique bien dessiné, de très beaux cheveux et de jolies jambes. Voilà. Il y a probablement des détails inutiles dans cette liste mais c’est important pour moi de la faire.

Alors, qu’est-ce que cet homme a vu chez moi ? Qui sont ces Fat admirer ? Qu’est-ce qui les attire ? J’ai été poser la question à internet.

 

Mais au fait, qui sont ces gens ?

J’ai lu plein de trucs mais il n’a pas fallu très longtemps pour que mon oeil soit attiré par des images. En voici une qui à l’avantage d’être mignonne, et de pas mal synthétiser ce que j’ai pu voir :

fat admirer

Parce que ce que j’ai vu principalement, c’est plutôt des mecs très fins, posant avec fierté près de leur large copine. J’ai parcouru des phrases comme « I can handle a big girl » (je suis de taille face à une grande fille), vu des images de mec aux anges qui disparaissaient littéralement sous leur copine, lis quelques contenus sur la pratique du « gavage », les confessions d’un fat admirer, plusieurs articles sur des sites comme ma-grande-taille… et je me suis arrêtée.

Au final, plus je me documente sur le sujet, plus j’ai l’impression que ce qui est apprécié chez les filles plus size, c’est qu’il y en a plus. Plus de seins, de fesses, de cuisses, de tendre et de moelleux. Apparament chez certains, cette recherche de « plus » ne semble pas aller sans un besoin de compenser autre chose de sous-jacent, cependant je m’abstiendrais d’en faire une généralité. Ce type de surenchère semble d’ailleurs n’être de mise que parmi une population assez réduite au sein du groupe déjà marginalisé de ceux qui préfèrent le moelleux.

Et les filles me direz-vous ? ca m’a fait plaisir de tomber sur deux posts plein de bon sens sur le forum de vive les rondes, en réponse à la question « que pensez-vous des fat admirer ? »

fat admirer vive les rondes

Les filles, je vous fait un gros bisou d’amour à toutes les deux. Vous m’avez aidé à mettre le doigt sur un truc : les fat admirer dont j’ai pu parcourir les témoignages et interviews semblent incapable de se projeter dans une relation avec une fille mince. J’ai vu l’un d’entre eux déclarer à la caméra que sa femme et lui ont divorcé quand elle a perdu 60 pounds, c’est à dire environ 30kg. C’était pourtant sa femme non ? Qu’il aimait assez pour passer le reste de ses jours avec ? … ou était-ce seulement pour et avec son gras qu’il a descendu l’allée ?

 

Et moi dans tout ça ?

Déjà, et ça me peine de l’admettre, je me suis sentie insultée. Dans mon système de valeur conscient il est évident pour moi qu’on accorde trop d’importance au poids des personnes et qu’on devrait s’abstenir de les juger dessus. D’autant que l’argument santé classique, qui joue sur une variante de « même pour lui/elle, ce doit être malsain, c’est pas possible qu’il aille bien en étant aussi gros » est erroné.
Je me rappelle avoir été très marqué par le billet d’une femme ronde qui avait été largement harcelée par son audience au sujet de son poids, et qui avait contré l’argument santé en postant carrément un bilan sanguin (impeccable). On lui a répondu que ce ne pouvais pas être elle. Elle a risposté de nouveau en postant une photo d’elle en train de danser, on l’a accusé de retouche. Elle a alors partagé une vidéo d’elle en train de danser en compétition (car oui, c’est une danseuse qui se produit en compétition), et là ses interlocuteurs se sont contentés de l’insulter copieusement.

Son propos, qui m’a beaucoup impressionné, c’est qu’elle va bien. Elle mène une vie épanouissante, elle ne se prive d’aucune activité en raison de son poids, et sa santé est impeccable. Et je la crois sur parole. Pour moi, tant que vous n’êtres pas le docteur de quelqu’un, vous devriez vous abstenir de faire une réflexion sur son poids.

Pourtant j’ai toujours vu ma mère se surveiller. J’ai lu les pages du supplément régime de l’été que tous les magazines féminins nous sortent tous les étés. Je suis persuadée au plus profonds de mon inconscient qu’un kilo de plus est un kilo de trop, et que je serai plus belle si j’étais plus mince. Ma famille valorise la minceur, et ne pas correspondre à leurs valeurs me fait encore du mal aujourd’hui.

Et maintenant je fais la gueule, comme à chaque fois que j’en viens à contempler le sujet.

Parce que je ne sais pas m’aimer comme je suis, parce que l’admiration maladroite de ce « fan » un peu lourdaud m’a renvoyé à ma plus grosse insécurité, parce que j’ai l’impression qu’il y a une volonté de contrôle des fat admirer sur leurs compagnes, et que les gens qui veulent exercer un contrôle sur le corps de leur compagne me font froid dans le dos. Quand ils les encouragent à prendre toujours plus de poids, j’ai l’impression qu’ils essayent d’en faire en quelque sorte leur création, de les forger selon leur désir au point de se les approprier.

Je fais la gueule parce que chez Zara la plus grande taille ne prévois pas assez de place ni pour ma poitrine, ni pour mes bras.

Quand mon mec me dis qu’il préfère les filles rondes, je lui réponds généralement qu’il est gentil mais que je ne vois pas ce qu’il me trouve pour autant.

Je me vois prise entre deux feux avec d’un côté l’exhortation à la minceur de toute une société, avec ma maman en porte-étendard, et de l’autre un groupuscule qui semble voir le corps de la femme comme un objet modulable et contrôlable, qu’on peut forger selon ses désirs. Est-ce si libérateur d’affirmer que la graisse, c’est bien aussi, si finalement on rejette l’idée de se laisser séduire par une fille mince ?

J’en ai marre, à en pleurer, de cette inversion des standars qu’on prends par erreur pour du progressisme.  Taper sur les minces ne libère pas les grosses, ça fait juste mal aux minces. J’en ai ras le bol de lire que « les vraies femmes ont des formes », et quand Meghan Trainor chante « all about that bass » dans un clip où on se moque de la seule fille maigre, enroulée dans une parodie de robe en film alimentaire avec un air triste, je me dis qu’on a du chemin à faire, moi la première.

Heureusement je sais qu’il y a là dehors des gens qui sont vachement plus avancés que moi sur le sujet, et j’espère pouvoir continuer à profiter de leur exemple. J’ai déjà commencé à faire des efforts en arrêtant de rentrer frénétiquement le ventre pour mes images, c’est quelque chose.

PS : maman, si tu passe par là. Je sais que tu me trouve jolie quand même, que tu as tendance à t’appliquer à toi des exigences plus sévères que tu n’en applique aux autres, et que de toute façon tu m’aime comme je suis. J’aimerai que tu t’aime aussi tout pareil parce que tu es grave belle, et parce que tu le mérite, et parce que tu n’as pas de raison de ne pas le faire.

Le harcèlement et le grand méchant loup

Le harcèlement et le grand méchant loup

L’illustration de cet article a été choisie délibérément car elle met bien en lumière un détail qui me chiffonne. Elle a été réalisée par Ben Newman, si mes recherches ne m’ont pas mentis.

Donc, le gouvernement a fait de jolies affiches pour dénoncer le harcèlement sexiste et les agressions dans les transports en commun. Je suis à fond pour, ça va sans dire. Ça fait des années déjà que je saute sur toutes les occasions de dénoncer le harcèlement de rue, y compris directement auprès des agresseurs. Leur tête quand je m’arrête et leur réponds est souvent assez impayable, d’ailleurs.

Mais le harcèlement, ça n’arrive pas que dans la rue, ça peut aussi se produire sur internet. Et quand vous avez décidé d’axer votre production principalement autours de l’érotisme, les harceleurs ont tendance à se croire tout permis. Encore plus que d’habitude, s’entends.

Il y a un exemple tout frais qui vient de me tomber sous la main et il est tellement représentatif que j’aimerai qu’on le commente ensembles.

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Ceci est une image que mon cher ami Nicolas Fourny a récemment posté sur son Flickr. Vous pouvez cliquer pour aller y faire un tour, c’est une chouette galerie.

 

Hier soir j’ai remarqué dans les commentaires de cette image un post qui a été supprimé depuis. Il disait cependant en l’essence : Joli petit chaperon rouge, en le voyant il me prends des envies de me faire loup pour mieux la dévorer.
Et c’est plus fort que moi, je ne rate pas une occasion de faire savoir aux gens que je suis un être humain avec des sentiments et que se comporter comme ça, c’est me manquer de respect. Qu’ajoutées bout à bout, ces remarques créent un climat d’insécurité sourde qui me pousse à me demander, des fois, si je ne fais pas raccrocher. Souvent ça se passe plutôt bien et je gagne un follower qui s’efforce de me montrer sa contrition en me félicitant pour mon sens du cadrage ou de la lumière. Aussi souvent la personne m’ignore, mais quelle que soit l’issue, je suis généralement contente de mon choix. Parce que ne rien dire, c’est en quelque sorte légitimer, vous voyez.

Voici le post que j’ai fait ce jour là:
chaperon rouge commentaire

Michelle, qui est en fait un homme qui poste des photos de lui en lingerie féminine, et qu’on pourrait donc imaginer plutôt progressiste sur la question du respect qu’on doit aux femmes, a ressenti le besoin de s’expliquer, non plus sur la même image mais sur une autre que j’ai prise moi-même le même jour.

chaperon rouge et grand méchant loup

On ne s’étonnera pas du fait que je lui ai à nouveau répondu un roman, j’ai comme qui dirait la gâchette facile. Sachant que vous êtes déjà massivement sensibles au sujet, je ne prends pas le temps de le réécrire ici, mais j’aimerai par contre revenir sur un ou deux points qui me chiffonnent.

A quel moment ai-je donné mon consentement ?

Cet homme que je ne connais pas est en train d’étaler un paragraphe érotique -de mauvaise qualité qui plus est- au yeux du public et sans me demander mon avis il me prends pour protagoniste. Me voilà en train de lire par le menu ce qu’il aimerai me faire avec une espèce de fascination glacée. On peut alors se demander ce qui lui a donné -du moins à ses propres yeux- le feu vert pour poster ce message. En quoi, sous quel angle est-il légitime ?

Parce que je me met en scène de façon érotique ?

Parce que toutes les femmes le veulent, et donc moi aussi ?

Parce que je suis une femme et donc un objet de désir ?

Parce qu’il est un homme et donc en doit de me donner son appréciation, comme un juge en pleine foire aux bestiaux ?

Parce qu’au fait, pardon, j’aurai du commencer par là : c’est à ça que vous nous faites penser quand vous nous glissez un « très charmante » ou « superbe poitrine » au détour d’une rue ou d’un quai de métro. En tout cas moi c’est à ça que je pense. Je me demande si vous trouvez votre propre opinion tellement incontournable que parfois vous me courrez un peu après pour me l’asséner un bon coup, au cas où je ne l’ai pas entendue la première fois, et que son bénéfice ai donc été perdu pour moi. Trop aimable, vraiment.

S’approprier l’objet du désir.

Nous n’avons auparavant établis aucune correspondance, nous ne sommes pas sur un forum érotique, je ne suis pas non plus une opératrice en séance (hôtesses de charme, quelle doit être votre douleur !) et pourtant le voilà qui promène en esprit sa langue sur ma peau et qui ressent le besoin de me le dire. Quitte à être l’otage de ses fantasmes, pourquoi dois-je être au courant ? Pourquoi devons-nous entendre vos commentaires, croiser vos regards dégoulinants d’autosuffisance, subir vos mains sur nos jeans à peine nous entrons dans l’espace public, et ce qu’il soit réel ou virtuel ?

Une collègue me partageait un jour l’histoire d’un gamin qui avait facilement 7 ans de moins qu’elle mais qui, probablement pour impressionner un groupe de potes, lui a gueulé un compliments sur un quai de métro. Quand elle a pris le parti de l’ignorer, il s’est planté à quelques centimètres de son visage pour crier à nouveau « tu dis pas merci ? ». Par peur de se faire frapper ou précipiter sur la voie, elle a marmonné un « merci ».

J’en viens à la théorie que mater tranquillement les jolies filles qui passent ne suffit pas, et qu’il faut s’imposer à elle d’une façon ou d’une autre. Leur imposer sa domination d’homme, les forcer à plier même un petit peu pour que le point soit comptabilisé, en quelque sorte. Et pour se tranquilliser, on décrète que, les femmes étant plus belles quand elles sourient, elles devraient sourire tout le temps pour le bénéfice des hommes là dehors qui aimeraient se rincer l’oeil sur des filles qui ne font pas la tronche, s’il vous plait, merci. En fait une fille, c’est une jolie chose à regarder, consommer, posséder, dominer. Et les seules qui ne soient pas consommables sont épargnées parce qu’elles sont déjà aux mains d’un autre homme.

En définitive, le petit chaperon rouge, ça serait pas un peu une grosse salope ?

Elle portais du rouge non ? seule dans la forêt en plus. Sa mère grand malade, ça ressemble à une bonne excuse pour aller chercher des ennuis si vous me demandez mon avis.

Le twist le plus courant de l’histoire du petit chaperon rouge créé une complicité entre le chaperon et le loup. Concernant un conte portant sur la perte de la virginité, j’ai tendance à voir ces détournements d’un oeil assez positif. Si, plutôt que de finir dévorée/violée par le loup, la petite fille pouvait s’en faire un ami et grandir sans subir d’agression, ça me ferait super plaisir pour elle.

On se retrouve aussi souvent dans des représentations d’un loup sombre et musculeux, souvent de proportions gigantesques qui se prends d’amitié pour la petite fille, dont l’innocence le désarme, j’imagine. Ma foi pourquoi pas. Ca sent un peu le loup/père qui veille sur la virginité de sa protégée. on se demande la gueule que va faire le loup quand Rouge tombera amoureuse, mais pourquoi pas. Que faisons-nous par contre de ce fantasme très répandu qui laisse entendre que tout ça, c’est la faute du chaperon, qu’elle ne cherchait pas autre chose, qu’en fait elle a aimé ça, que c’est normal de forcer un peu au début mais qu’elle va apprendre à aimer.

Est-ce qu’en érotisant un viol, on ne renforce pas la culture qui le favorise, justement ?

Ne nous trompons pas, je ne cherche pas à condamner les fantasmes des gens. Tant qu’on sait faire la part des choses, et qu’on s’en tiens au safe, sain et consensuel, la dernière chose que je veux faire, c’est juger. Mais aujourd’hui un type s’est pris pour le grand méchant loup face à moi, alors que je ne portais pas de rouge, et que ça fait belle lurette que je ne suis plus vierge. Il m’a fait enfiler le costume de la victime dévorée, comme un photographe indélicat peut me demander d’enfiler un costume d’écolière. J’ai l’impression que me rajeunir est le moyen le plus rapide de me couper les griffes, de me rendre inoffensive et apte à la consommation.

Je ne suis pas une victime. je ne suis pas une salope qu’on force mais qui aime ça quand même. Quand je réalise un fantasme qui suppose une perte de contrôle, c’est en concertation avec mon partenaires, je n’arrache pas aux gens la possibilité de dire « non », de dire « stop ». je ne m’arroge pas le monopole du consentement. J’aimerai qu’on prenne tous le temps de se demander, quand on commente des travaux érotiques, si nous sommes bien capables de faire la part entre le fantasme mis en scène, et les acteurs.

Et à ce sujet d’ailleurs, Sirithil va probablement rédiger un livre sur ce que ça implique d’être modèle, et le projet a besoin de soutient. Elle aussi, elle réfléchis beaucoup au sujet, et si tu as lu ce post jusqu’ici, ça pourrais te tenter.

Je vous aime et je vous dis à très vite.

Tourner une page

Tourner une page

Ce soir je vide pour de bon mon appartement de célibataire. Mon petit nid du 16ème arrondissement aux fenêtres prises d’assaut par une glycine qui fleurissait mes printemps.

Après trois ans, de nombreuses galères, de belles soirées, des feux de cheminée, des soirées cupcake, du cidre a paillettes, des éclats de rires, la création d’un studio photo « popup », plein d’autoportraits, beaucoup de temps passé dans la baignoire, et j’en oublie probablement.
C’est à la foi l’endroit où je me suis reconstruit et l’endroit où j’ai essuyé mes plus grosses tempêtes. Celui où certains d’entre vous ont blindé ma boite aux lettres de cadeaux adorables chaque 19 mars.

Je me suis installée ici juste après mon diplôme, mon premier CDI en poche. Super optimiste. J’y ai ensuite connu le chômage, la galère, les petits boulots, l’angoisse du mois suivant, mon premier avis d’imposition avec autre chose qu’un zéro dessus (oups). j’y ai cousu mon premier corset. J’ai soigné la déco avec le soin maniaque de la personne qui a besoin de se constituer un nid. Aujourd’hui j’ai retrouvé un boulot stable, j’ai rencontré quelqu’un, et je lâche mon perchoir adoré.

Je l’ai déjà dis dans un autre post mais je le refais : cet endroit m’a sauvé. C’était mon rocher, et je m’y suis accrochée avec toute les forces disponibles. Il me donnait un sentiment de stabilité dont j’avais bien besoin. Il me donnait un espace où me ressourcer.

Je le quitte pour m’installer avec mon amoureux, alors ça va. Le nouvel endroit que nous avons trouvé est adorable, on étudie déjà des options pour reconstituer le coin couture et le coin photo. La salle de bain est tellement grande que je vais (enfin) pouvoir m’offrir le luxe de shooter dans ma baignoire.

Ne nous mentons pas je ne suis pas triste, je me prends juste un sacré coup de nostalgie dans ma gueule.

Du coup, faisons un petit retour en arrière sur 3 ans de souvenirs.

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Et un souvenir de shooting.

A studio in Paris, backstage in slow motion from mademoiselle cherie on Vimeo.

Bref. je ne vous cache pas que je vais probablement essuyer une larme ce soir, parce que je suis vachement sentimentale, mais j’ai aussi hâte de découvrir la suite, et je ne manquerai pas de la partager avec vous !

A très vite, et n’oubliez pas que je vous aime.

Ce qu’un an et 52 autoportraits m’ont appris sur moi, sur la photo, sur les autres.

Ce qu’un an et 52 autoportraits m’ont appris sur moi, sur la photo, sur les autres.

Ce qui compte, c’est de donner sincèrement, sans compter

Il  y a des jours où atteindre la qualité qu’on juge « minimum pour parution » est impossible, que ce soit pour des raisons de temps, de moyens, ou simplement à cause d’un ratage. L’essence du projet étant dans sa régularité, il a fallu apprendre à vivre avec.
Aussi il y a une semaine où j’ai pu consacrer 4 heures à la retouche d’une seule image, et d’autres où la prise de vue et la mise en ligne ont pris bout à bout 30mn.

Semaine 13

Un projet préparé, pensé et exécuté. Le résultat n’est même pas ce que j’espérait, mais au mois tout à été fait dans les règles

Semaine 16

Une mage réalisée en un clin d’oeil en lumière naturelle, avant d’aller déjeuner chez ma grand mère. Ironiquement, une des meilleures de la série.

 

Je ne suis pas maîtresse de ce que je photographie

(Ou bien c’est les autres qui ont plus de discipline que moi… )

Mise en situation : J’avais prévu de faire une carte postale cochonne ambiance Paris début de siècle, je me retrouve avec une pin-up très Amérique 1950. Oups, l’habitude…

Je n’ai pas assez d’espace pour disposer les flashs comme je veux, finalement le nu en noir et blanc c’est mort. Bon je vais mettre mon ensemble en latex, il est super mignon, pas grave.

C’est un travers contre lequel il a fallu sacrément lutter d’une semaine sur l’autre. Quand j’avais une idée très précise de ce que je voulais, il m’est arrivé de me battre jusqu’à ce que j’obtienne exactement ce à quoi je pensait, comme par exemple pour la série (un)dressed. Mais le plus souvent, je changeait mon fusil d’épaule. Si c’était à refaire, je me forcerai peut être à plus de discipline, pour ne pas regretter ensuite de ne pas être plus sortie de ma zone de confort.

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Le matériel, ça compte

Non sans rire, bien sur que ça ne fait pas tout mais ses limites peuvent être infiniment frustrantes. La faible ouverture de mon objectif par exemple a été la source de nombreuses frustrations, j’aurais volontiers exploré des effets de Bokeh bien soyeux. Néanmoins, il m’a suffit d’investir dans un kit de flashs bas de gamme pour complètement révolutionner mes prises de vue (et me permettre de shooter l’hiver quand la lumière naturelle ne rentre plus assez dans mon appartement).

Semaine 22

Première photo réalisée avec mon kit de flashs. Le coup de foudre immédiat.

La discipline aussi

Oui, ranger le studio alors qu’il faudra le ressortir dès le week-end prochain, ça ressemble un peu à une punition. Déplacer les meubles de mon petit chez-moi chaque semaine ressemblait parfois à une tâche insurmontable. mais c’est dans les usages du quotidien que je trouve la force de continuer, il fallait donc maintenir mes habitudes autant que possible pour éviter que je me retrouve complètement déphasée.

 

Mon corps change moins que la façon dont je le perçoit

Il y a eu des jours où quoique je porte je me sentais très moche, et d’autres où tout m’allait. Les semaines où me mettre au travail m’a le plus coûté sont les celles où j’avais le sentiment que qu’importe mes efforts, je n’arriverai jamais à me rendre présentable. Ce qui est particulièrement intéressant à ce sujet c’est que de toute l’année, mon corps a très peu changé.

 

En plus je sais pas me maquiller.

Mettons que j’ai commencé à piquer ses magazines à ma maman vers mes 12 ans. On en est à 14 ans de conseils beauté mis bout à bout. Pourtant c’est Comtesse Léa qui m’a appris à m’épiler les sourcils cette année et à les maquiller. Je déplore que l’industrie soit si douée pour inventer de nouveaux fards censés révolutionner nos rituels beauté alors que les magazines sont si mauvais à nous expliquer comment tirer partis des basiques. Pas étonnant qu’on se trouve toutes moches et qu’on continue à acheter, me direz-vous…

Il en va de même pour la coiffure, et j’ai beau avoir scruté mes collègues, elles non plus ne semblent pas avoir accédé à un savoir supérieur sur la question. Ça a tendance à me foutre un peu en rogne.

 

D’ailleurs, chacun verra bien ce qu’il veut dans mes images

Il y a des images que j’ai publié jute parce que je me trouvait très belle dessus, j’ai reçu des compliments sur la compo. D’autres où j’étais très fière de la lumière, j’ai eu des compliments sur mon corps. Certains ont vu une croisade de l’acceptation de soi et une ode aux courbes, d’autres un parcours d’apprentissage. Il y en a qui ont décidé que c’était un projet artistique. Ma propre opinion a évolué d’un jour sur l’autre, mais si il faut dire la vérité, je cherchait juste un moyen sympa d’animer ma petite communauté, étant quand même community manager de formation. En gros, j’ai fait ça parce que je vous aime et que je veux vous garder contents, voilà.

 

Les copains ont envie d’aider.

Donc merci Gary, Jérôme, Bess, Cécile, Roxanna, Justine, Nicolas, Marie-Odile, Marilou, Marie-Ange, Kevin, Sarah, Aurore. C’était fun. Vous avez fait make up artist, doublure lumière, trépied humain, accessoiriste, éclairagiste ou garde du corps. Vous êtes cools.

 

Arrête tes conneries

Éloigne toi du fond, grognasse.

Le mur est aussi éclairé que toi ça n’a aucun intérêt.

Et là, t’as coupé le pied.

Elle est surex cette photo.

La verticale est pas verticale.

Ça aurait été mieux avec le focus sur le visage.

Tiens toi droite

Rentre le ventre

Y’a une ombre, là.

Autant de leçons à retenir pour la suite, du coup. Ca ne sera pas une photo par semaine, mais je compte bien mettre tout ça à profit.

Les nouvelles du front

Les nouvelles du front

Je ne vous ai pas donné de nouvelles depuis trop longtemps, c’est mal.

Comme vous le savez sans doute, en juillet je tombait dans une profonde phase de déprime en faisant mes comptes. Vous ne savez pas ce qui a causé ce constat. Ca va demande une rapide mise à jour : en 2012 mon père a pris sur lui de continuer à me verser une petite somme chaque mois, comme quand je faisait mes études, pour m’accompagner dans le début de ma vie active. Il a pris cette généreuse décision quand les choses ne se sont pas passées comme prévues pour moi. (Pour faire court, la boite qui m’avait embauché après mon stage à la sortie de l’école a finalement changé d’avis 15j avant la fin de ma période d’essai. Naive, j’étais tellement confiante que j’avais déjà trouvé un joli placard appartement sur Paris. Mon père à proposé de m’aider  à le garder, et a donc continuer à me donner ce coup de pouce mensuel.).
Papa, comme c’est son droit, a décidé d’arrêter. ET c’est pas grave parce que les choses vont mieux pour moi aujourd’hui qu’en 2012 mais je suis encore à découvert tous les mois sans sortir et sans me payer de fringues, donc l’avenir ne s’annonçait pas super souriant. Mon projet photo en cours s’en trouvait un peu remis en question.

Et là il s’est passé un truc de fou : certains de mes fans dont je suis le plus proche m’ont fait savoir tout net que si j’avais besoin d’aide, ils seraient heureux de participer. J’ai mis en place cette page : http://www.mademoisellecherie.net/contribuer/ et contre toute attente plus de 400€ ont étés levés en 15 jours pour m’aider à remplir mon frigo, à envoyer mon loyer en début de mois (ça serait con que je me fasse expulser, hein) et à continuer à financer make up, réparations de mon matériel, et occasionnellement achat d’un rouleau de papier peint pour changer le fond de mon « studio ». Pendant une semaine, j’ai sous-loué mon appartement à un collègue de Marseille de passage à Paris pour les vacances. J’ai aussi mis plusieurs tenues en vente, et je me suis mise à beaucoup bosser sur un site qui me permet de rentabiliser mes photos. Et du coup aujourd’hui ça va mieux.

MERCI. Mais vraiment du fond du cœur. Je l’ai déjà dit à tout le monde individuellement mais vraiment vous êtes de grands malades et je suis juste démunie devant cet élan tellement c’est inattendu.

Du coup depuis fin août, ça va mieux. Je tenais à vous le dire parce que c’est important que vous sachiez que vous ne m’avez pas portée pour rien : grâce à vous je me sens assez forte pour continuer sans l’aide de ma famille. J’ai retrouvé mon énergie et mon sourire, et j’ai de nouveau pleins de projets.

Les 52 autoportraits vont bientôt être bouclés, j’en suis à 40, plus quelques prises de vue inattendues qui me sont tombées dessus. Il y a des copines qui ont pensé que j’étais assez bonne pour les photographier, et je me suis retrouvée à mettre ce que j’ai appris en photo au service d’autres personnes, et c’est super agréable.

Bon du coup je ais me remettre à la création de costume parce que j’ai plein d’idée et de nouveau plein d’énergie pour affronter les longues nuits de couture. En plus le bal paradoxal approche, et en janvier y’a les GF on the web.
D’ailleurs pour les GF on the web, j’ai super hâte. Les copains me manquent, et j’ai pleins de numéros à vous monter et de gens supra motivés qui sont prêts à me rejoindre dans l’aventure.

Du coup je vous laisse avec une vidéo des copains qui eux aussi vont bien.
Et n’oubliez pas que je vous aime

Mate moi, je l’ai bien cherché

Mate moi, je l’ai bien cherché

Hier soir River, le pendant photographe de Sirithil, a fait un truc dont elle rêvait je crois depuis un moment : elle m’a jeté nue dans un lac.
Son immense emprise sur mon cerveau n’est plus à prouver, je pense d’ailleurs qu’il faut que je commence à me méfier de ce qu’elle pourrais faire d’un tel pouvoir.
Bref, sachant ce qui me pendais au nez, je lui ai montré ça :

Je suis désolée c’est sous titré en… je sais même pas en quoi c’est sous-titré. C’est Gary qui m’a fait découvrir ce film un week end de 15 août. Vous ne le connaissez pas mais je l’écrit au cas où il passe par là : j’ai passé une chouette après-midi et tu avais raison sur ce film.

Bref. Ca vous vous en foutez.

Ce que je compte bien vous raconter par contre c’est ce qu’il s’est passé alors qu’on vaquait toutes les deux à nos affaires pour faire ce qu’on fait. mais avant je vais vous montrer le résultat parce que je trouve qu’on a bien bossé :

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Généralement le comportement des personnes qui croisent un shooting sauvage s’échelonne de la bienveillance à l’ignorance la plus totale (une séance photo ? quelle séance photo ?), en passant par plusieurs stades de curiosité. Demandez-moi une moyenne, je vous dirais que la question à laquelle il faudra répondre le plus souvent aux passant c’est soit « est-ce que c’est bon, je peux passer ? » soit « c’est pour quel magazine ? ».
On n’a pas eu de chance hier soir, il y a bien eu quelques passants amusés, des sourires, des « elle est pas froide ? » (non ça va elle est plutôt tiède, je m’attendais à bien pire) mais on a aussi eu plusieurs spécimens assez lourd qui, additionnés les uns aux autres, ont faillis me convaincre de me rhabiller et renoncer à mes images.

Ca commence avec le camion plein de ce que je suppose être des employés de la mairie, qui sont passés a proximité et qui se sont arrêtés parce qu’à me voir dans la flotte comme ça de loin, ils ont cru à un accident. Nous les avons rassurés, nous les avons remercié de leur sollicitude, et j’ai dit à leur porte-parole que dit que si maintenant ils étaient pleinement tranquillisés, avec leur permission j’aurais aimé continuer à vaquer tranquillement à mes occupations.

Je vous défie d’avoir cette conversation avec qui que ce soit, nue comme un ver, dans l’eau jusqu’à la taille, les bras croisés sur la poitrine et les pieds écorchés par le fond du lac. Envoyez-moi vos selfies si vous le faites, qu’on rigole. Moi je me sentais très con, et j’imagine que ça m’a fait perdre pas mal de mon autorité.

Le mec s’est attardé, à fait remarquer à la cantonade que quand même, je suis bandante, mais a fini par s’éloigner. Enfin pour un moment. J’avais mieux à faire que de m’insurger sur son comportement comme son vocabulaire. On a continué nos photos.

Ensuite c’est un promeneur qui s’est arrêté et nous a posé quelques questions. On y a répondu d’aussi bonne grâce que possible (rapatriement de mes avant bras sur ma poitrine), et on a attendu qu’il parte, ce qu’il n’a pas fait. Je lui ai demandé si il allait rester là à mater, il m’a répondu que oui, qu’il faisait ce qu’il voulait, qu’il n’y avait rien de mal à mater, et que d’ailleurs on est en France et c’est un pays libre. J’ai bien sur rétorqué que pour les mêmes raisons de liberté, je suis libre de refuser qu’un étranger lorgne mes seins de façon aussi ostensible. J’ai insisté sur le fait que j’avais explicitement exprimé mon opposition et que c’était vraiment crade de sa part de rester quand même, mais il n’en avait apparemment rien à foutre. une promeneuse s’est arrêté pour nous aider. River/Sirithil a pris une photo du type au cas où, la promeneuse s’est mis à le filmer, après quelques menaces fusant un peu de tout les côtés (« je vais appeler les flics !! ») le mec s’est néanmoins éloigné en insultant copieusement la promeneuse.

Retour au très bienveillant groupe de types non-identifiés du camion un peu plus tot. Massés sur l’autre rive, leurs commentaires me parvenaient jusqu’à mon coin de lac. « Putain les nichons ! ». On s’est brièvement demandé si ils avaient des jumelles ou pas pour mieux voir.
Je sais qu’ils sont énormes mais à cette distance quand même…

Je ne vais pas plus vous raconter ma soirée. Je voudrais juste revenir sur deux ou trois choses.

Oui j’étais nue dans l’espace public. J’aimerai m’adresser à tous ceux qui blâment les victimes de prime abord, on gagnera du temps. RIEN ne justifie qu’on continue à regarder une personne qui vous a demandé d’arrêter. Ou à la rigueur vous êtes en train de filmer un crime pour permettre à la police d’arrêter le tueur. Le consentement est au centre de pleins de débats en ce moment, et ben je peux être là dehors et ne pas consentir à ce qu’une personne se pose à trois pas de moi pour me mater ouvertement.

Dire à une parfaite inconnue qu’elle a une poitrine attirante n’est pas acceptable. Tu me dis que c’est « gentil » et que c’est « juste un compliment ». Si c’est un compliment va le faire à ta mère pour voir. Mec, je me fout de ton opinion. Positive ou négative. Je reste polie uniquement pour te prouver qu’on peut être à la fois nue et dotée d’un cerveau, voire d’une âme.

Le passant super chiant a proposé de nous prendre en photo toutes les deux. Parce qu’il est un homme et que nous sommes deux femmes, vous savez. je pense qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus.

Le porte parole des gentils mais lourds monsieurs en camion est revenu pour nous proposer de faire des photos avec « un beau black ». Non, merci. Être une femme nue dans l’espace public ne fais pas nécessairement de moi une nymphomane ni de la femme qui me prends en photo une pornographe. Notre refus conjoint ne fais pas non plus de nous des lesbiennes. Nous ne te rejetons pas parce que nous détestons tous les hommes, nous te rejetons parce que ta proposition ne nous intéresse pas. Et là encore, nous sommes restées polies pour des raisons évidentes de pédagogie. On s’est même expliquées avec le monsieur.

River et moi ne sommes pas intéressées par les photos d’hommes. J’ai lu quelque part que plus on est exposé à un objet en image plus on est enclin à le trouver beau. Sérieux, il y a eu des études sur la question pour nous prouver encore une fois que lire des magazines féminins détruit notre vision de la beauté en imposant littéralement à notre cerveau ces images auquelles ont est massivement exposées comme la référence. J’ai l’impression d’avoir été conditionnée à n’aimer que les filles nues, l’égalitaire en moi a toujours trouvé ça triste, et un jour je m’interresserai vraiment à photographier des modèles masculins juste pour rétablir un semblant de justice dans mon univers.

Je m’insurge une dernière fois que quand une fille croise les bras pour dissimuler son corps, il y ai encore des gens assez con pour se placer en spectateur et ne pas détourner le regard. Je remercie la passante qui s’est impliquée pour nous. Je rassure River : je t’en veux pas meuf.
Vous pouvez lire son article sur la question si vous le souhaitez.

Vous noterez que j’ai volontairement évité d’orienter le débat sur le fait que ce que nous faisions n’avait rien de provoquant ou de vulgaire, parce que je pense que même si ils étaient tombé sur un tournage porno sauvage, la bonne attitude ça aurait été de passer leur chemin silencieusement.
Même les filles à poil ont droit à leur tranquilité, merde.

Je vous embrasse fort, à très vite pour de nouvelles aventures.
Et n’oubliez pas que je vous aime.

Un grand merci et bravo à toute l’équipe des geek Faeries 2014

Un grand merci et bravo à toute l’équipe des geek Faeries 2014

Un message d’amour aux fabuleuses équipes staff et bénévoles des Geek Faëries 2014 (et à deux trois esclaves recrutés sur l’instant qui se reconnaîtrons, les crétins persistant à se prendre pour des visiteurs).

Travailler avec vous est bien plus qu’un plaisir, c’est un honneur. J’ai fais de mon mieux mais je doute d’avoir réussi à vous toucher tous, même si j’ai fait de mon mieux pour apporter à ceux qui croisaient ma course un mot d’encouragement, un sourire, un câlin, une info, une mission (ben oui faut bien bosser aussi) de l’eau, de la crème solaire ou un café (And so my watch begin) et plus rarement un bon coup de pelle dans la gueule. Quand c’était nécessaire.

Nous ne parlerons pas de ceux qui ont faillis, d’ailleurs à titre personnel je leur pardonne, le bénévolat au festival étant loin d’être adapté à tous les tempéraments. Parlons de vous, les autres. Ceux avec qui la collaboration a déjà un agréable petit gout de familier, et les autres, que je rencontrais pour la première fois.

Vous avez tenu votre poste sous une chaleur écrasante ou des trombes d’eau. Malgré les courbatures, les bobos, les insolations. Vous avez fait plus que votre part. Vous avez mangé quand on vous a dit de manger, dormi quand je vous ai envoyé dormir, bossé tout le reste du temps. Vous avez canalisé la foule. Vous avez gardé le sourire, vous avez veillé à ce que les poubelles soient vides et les toilettes propres. Tout le temps. Vous avez rendu la file pour la douche au camping des châtaigner un moment de gros fun. On a aligné nos chaussures devant la porte et posé notre fatigue sur l’herbe ensembles. On est tombés amoureux du château et du parc ensembles. On a fait rêver les gens.

Vous m’avez pardonné de ne pas avoir la mémoire des prénoms (attention du coup je vais forcément faillir à relayer ce mot à tout le monde, mais je me rappelle de vos visages!!). Vous avez pris soin de moi et je ne compte plus les mots d’encouragement où les petits cadeaux le plus souvent en bouffe et redbull. Siegfried, Flo, Remy, je pense à vous. Le massage des jambes et des pieds administré par Jérôme et Cyril, la douche solaire installée dans un coin rien que pour moi parce que JAMAIS je n’aurais pu atteindre le camping, ceux qui ont fait « chut » près du bâtiment où je dormais quand j’y disparaissait une demi heure, les messages d’amour échangés au talkie avec les orgas entre deux urgences, aussi. Ce poste de maman des bénévoles, ça a été un immense défi à la hauteur duquel j’avais peur de ne pas me hisser mais ce que j’en retiens c’est que j’y ai reçu beaucoup plus que j‘ai donné.

Merci à l’équipe de la croix rouge qui m’a gentiment prêté la tente dans laquelle ils dormaient pour y installer mon backstage, et m’avoir offert le café après le spectacle. Simon, je n’oublierais pas tes efforts à la lumière et ce petit bout de complicité partagé pendant quelques heures. David, ton aide précieuse pour mon installation. Sadik sadie et Marilou votre assistance plus que précieuse, votre capacité à encaisser, votre indulgence, vos sourires, votre beauté lumineuse quand vous donnez aux autres.

Caroline, ma volutelady, porter une de tes créations pour m’effeuiller m’a vraiment emplis de fierté. J’espère avoir l’occasion rapidement de faire réaliser une vidéo du show complet, ne serais-ce que pour te remercier d’avoir fait de moi la plus belle du royaume.

Merci a Shae_ pour ses sourires et la jolie photo souvenir de mon costume. Merci aux orgas dans leur ensembles et à Naya en particulier pour m’avoir trouvé une affectation à ce point sur mesure. Merci à Elek qui souris toujours quand on viens le trouver, et nous remet doucement sur nos pieds sans même l’air d’y toucher. Merci à mon binôme, qui a veillé sur moi comme j’ai veillé sur lui. Honey, pouvoir simplement te chercher dans la foule et échanger trois mots quand j’étais sur le point de craquer à fait plus pour m’aider à repousser mes limites que tous les excitants du monde. En plus d’être bien plus agréable.

Vous êtes glorieux. Vous êtes geek. Et vous savez que je vous aime.

PS : Un autre message d’amour aux quelques irréductible qui m’ont fait signer des autographes, ainsi qu’à tous ceux qui m’ont reconnue et encouragé dans mes activités d’animatrice sur le festival. Les Eroteek faeries sont en effet un gros boulot qui m’occupe tout au long de l’année, et monter ces numéros pour vous m’enchante.

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